Manhattan Walk (After Piet Mondrian) Columbia Street, Williamsbridge, 10 avril 2001
Reproduction offset d'un enregistrement acoustique. Édition en 29 exemplaires de 13 feuilles de 70 x 102 cm.
collection : FRAC Champagne Ardennes et collections particulières
Étude
Manhattan Walk (After Walker Ewans)
Œuvres
Manhattan Walk (After Piet Mondrian) - (NY2 For Fit)
Manhattan Walk (After Piet Mondrian) - (NY2 Glockenspiel)
Manhattan Walk (After Piet Mondrian) (NY2 Five Dollars Only)
Manhattan Walk (After Piet Mondrian) (NY2 I mean)
Lien externe :
animation acoustique de l'édition
(…) En 2002, Bernhard Rüdiger a donné le nom de Manhattan Walk (After Piet Mondrian) à une série de rouleaux photographiques qui rendent visible la transformation d’un son enregistré par un processus photographique. À l’origine de ce travail, il y avait une expérience menée en Israël et en Palestine au début de l’année 2000. Jamais auparavant, l’artiste n’avait aussi bien mesuré les limites de la documentation photographique et celles de la représentation visible. Il avait voulu montrer la guerre quotidienne et il avait découvert à quel point les impressions résultaient de perceptions invisibles. (...) Peu de temps après, Rüdiger s’est rendu à New York toujours avec cette idée de créer un document d’époque fait des sons et des bruits. D’une manière quasiment visionnaire, quelques mois avant l’attaque du 11 septembre 2001, l’artiste a travaillé là-bas avec la conscience que la guerre israélo-palestinienne était à vrai dire partout et il fait ses prises de son dans les rues de Manhattan et dans le secteur du World Trade Center, qui était alors l’emblème du capitalisme occidental. (...) Rien d’autre que les bruits de la circulation, que les voix et les pas des gens, les propres pas de l’artiste, le crissement de freins particulièrement bruyants, un coup de klaxon exagéré, ou encore, tout à fait dissimulé, non audible, mais rendu visible par le procédé photographique, un gazouillis d’oiseaux. Car sur ces rouleaux photographiques qui nous apparaissent comme des paysages géants de dix à douze mètres de long sur deux mètres de haut étalés sur les murs, ce sont des transcriptions photosensibles de fréquences sonores que nous voyons. (…)
Doris von Drathen « L’univers concret des réalités insaisissables » in “Bernhard Rüdiger, locus desertus” Ed. La Drôme, les châteaux, 2006. Traduit de l’allemand par Henri-Alexis Baatsch.