Locus oculi

par Bernhard Rüdiger, avec les collections de l’Institut d’art contemporain, Villeurbanne & Rhône-Alpes et du Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne Métropole

commissariat | La Bâtie d'Urfé Saint Etienne-le-Molard [fr]
du 21 juin au 04 octobre 2009


Communiqué de presse

Avec les œuvres de : Giovanni Anselmo, Edouard-Denis Baldus, Antoine Beato, Blanc et Demilly, Jean-Baptiste Carpeaux, Gustave Courbet, Anthony Cragg, Walker Evans, Luciano Fabro, Patrick Faigenbaum, Robert Filliou, Lucio Fontana, Prospero Fontana, Ludger Gerdes, Adolphe Giraudon, Toni Grand, Raoul Hausmann, Ann Veronica Janssens, Donald Judd, On Kawara, J. Kuhn, Suzanne Lafont, Ange Leccia, Fernand Léger, Damien Lhomme, Karel Malich, Charles Maurin, Mario Merz, Francisque Millet, Christian Milovanoff, Liliana Moro, Robert Morris, Olivier Mosset, Reinhard Mucha, Michel Parmentier, Francesco Peruzzini et Alessandro Magnasco, Bernhard Rüdiger, August Sander, Thomas Schütte, Giorgio Sommer, Veit Stratmann, Félix Thiollier, Didier Vermeiren, Gilberto Zorio, Anonymes. Dans le cadre de l’enrichissement de sa collection, l’Institut d’art contemporain a acquis en 2007 la sculpture monumentale de Bernhard Rüdiger, Petrolio (locus desertus). Convié par l’Institut à imaginer le contexte d’installation de cette œuvre au château de la Bâtie d’Urfé et invité par le Musée d’Art Moderne de Saint-Etienne Métropole à explorer ses collections, Bernhard Rüdiger a imaginé une exposition d’artiste réunissant près de 70 œuvres issues de ces deux collections majeures de la région Rhône-Alpes.

"Ici, au château de la Bâtie d’Urfé, Petrolio (locus desertus) a retrouvé un horizon qui lui est naturel comme celui de la cité, à la différence qu’il ne s’agit pas d’un horizon général et neutre. La Bâtie de Claude d’Urfé est une construction, elle répond à une idée, elle est projet, dessein, lieu mémoriel capable de donner à voir des formes qui réagissent, s’ajustent et résistent à l’œuvre contemporaine. Aux lignes de construction de son pied, les lignes des ordres denses et inédits de la Bâtie réagissent. Aux triangles symboliques d’une union mystique souhaitée par Claude d’Urfé, le pied de Petrolio (locus desertus) impose sa nature physique, une élévation nécessaire pour rencontrer les forces telluriques.

Le lieu du désert de Petrolio s’est transformé en lieu du regard, un lieu-œil, un lieu de son action. La Bâtie, derrière la sculpture contemporaine, devient le point focal, l’instant qui renverse la perspective. C’est à travers le passé moderne de Claude d’Urfé que le futur de mon œuvre devient possible.

Une fois le point focal activé, le reste du projet a suivi naturellement. Sur invitation de l’Institut d’art contemporain, Villeurbanne & Rhône-Alpes, et du Musée d’Art Moderne de Saint-Étienne Métropole, j’ai pu choisir des œuvres qui viennent enrichir le dialogue entre ces deux points et qui appartiennent à une histoire de l’art qui m’est propre. L’horizon a commencé à être habité par des œuvres d’autres artistes qui, comme une fonction mathématique, ont multiplié la profondeur de champ. L’horizon n’est plus simplement ce fond plat qui donne relief à mon œuvre ; l’horizon est habité, il se multiplie à l’infini, créant  entre toutes les œuvres exposées, entre tous les horizons qui s’ouvrent, un réseau de dialogues en actes. Si ce projet d’exposition est un travail de montage, ce n’est pas dans le montage qu’il s’épuise. Le montage est ici la profondeur de champ qui permet à ces œuvres d’époques différentes de se projeter dans le futur. Mon problème, en tant qu’artiste, est de pouvoir travailler dans un monde où nous serions responsables des formes que nous transférons vers le futur."

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